2532 Bistro Frontenac

Les feuilles tombent devant le 2532 rue Ste-Catherine. Une jeune fille un peu hébétée s'amuse à les casser, à les faire craquer sous la force de son pied.

changement de demeure.

J’ai changé tu vois.

Je n’aime plus tumblr.

Lent, trop pour moi.

Voici mon nouveau blog : http://lanaiadenarcissique.wordpress.com/

:)

Au plaisir

LE SOUS NOIR.

Crédit: lamouche (www.ffffound.com)

On revient toujours en arrière. Et puis, tu repars en avant, ou moi. On se manque. Toujours. Un peu comme quand j’échappe quelque chose sur le parquet et je retourne le chercher. Je m’aperçois alors que ce n’est qu’un simple sous noir et qu’il ne vaut rien. Peut-être pourra-t-il porter chance à une autre ? Je le quitte.


Puis je le retrouve. Le même. Caché entre les craques de mon divan, perdu entre deux pieds inconnus, devant l’épicerie de mon quartier, tombé sur le trottoir enneigé.  Cette fois, il me paraît plus attrayant. C’est qu’il a trempé dans le vinaigre, il est redevenu luisant. Je l’embrasse, comme on l’a fait si souvent. Il m’a manqué. Je crois que je lui ai manqué. On s’est ennuyé.


Et cette fois, c’est moi qui chute, c’est de moi qu’il se départi. Il avait peur. Que je prenne de la valeur à ses yeux. Il s’est enfuit. Me laissant seule sur la chaussée glacée sachant que bientôt quelqu’un me prendrait sous un aile, son aile et que peut-être, peut-être il pourrait m’oublier. Trop tard, bientôt il sera trop tard, j’aurai rendu un autre heureux.

LES ONGLES EN NOIR.

http://www.flickr.com/photos/kjenes/445452946/sizes/l/

Source photo : (http://www.flickr.com/photos/kjenes/445452946/sizes/l/)



J’ai teint mes ongles en noir ce soir.  Ils sont mats. Ils ne reflètent rien. Comme ta vie un peu, celle que tu as adoptée. Même l’encyclopédie des internautes le dit :

Le noir est la couleur des objets qui n’émettent ni ne reflètent aucune part du spectre de lumière visible.


Tu vois chéri ? Tu vois combien tu déçois celui d’il y a un an. Il avait plus d’ambitions, moins d’inhibitions.  Il ne se déguisait pas comme cela, ne bafouillait pas comme cela. J’ai quitté avant, heureusement.

ON DIRAIT UNE JEUNESSE.

On dirait une jeunesse. On dirait qu’elle en rit. De ces vieux qui se pressent, de ce temps qui ride notre présent. Elle court les maladresses. Les imitent encore. Elle radote, mais essaie de se rattraper. Tu as vu cette jeunesse ?


Une jeunesse qui grandit. Plus habile que l’enfant, moins sage que l’adulte. Elle essai de l’éviter d’ailleurs. L’âge lui fait peur. Jeune pas trop, ça semble parfait pour elle. Elle idolâtre la vingtaine et éprouve de la haine pour la quarantaine. Le train s’arrêtera avant pour elle, la laissera descendre et puis repartira emportant le reste. Le reste de ce qu’elle ne veut être, vous voyez ?


Seule sur le quai, on aura dit une jeunesse. Elle aura plissée à vu d’œil. Seule. Ratatinée par la paresse d’avoir voulu oublier le temps, d’avoir voulu l’arrêter. Elle se couchera dans cette gare. Son regard ennuyé par le spleen qu’elle contemplera. Le train l’aura laissé là de où elle aurait aimé se sauver. Aujourd’hui pour elle se sera la mort.



UN INSECTE ÉPHÉMÈRE.

Je suis un éphémère. Petit corps frêle, achalant. Deux antennes pour écouter ce qui ne m’appartient pas. Les conversations des gens me surprendront toujours. Souvent elles sont inutiles, superficielles, criardes.  Je me glisse. Mes ailes filamenteuses, membraneuses se collent à leurs paroles qui lancent sans se soucier de qui peut entendre. Je connais leur vie. Enfin une parcelle. Le reste ne m’intéresse pas, ils ne m’intéressent pas, seulement leurs anecdotes volées par mes oreilles discrètes.


Je suis un éphémère. Ma bouche invisible, muette devant tant d’ignorance. Ils sont épais ces gens. La plupart. Ils ne saisissent pas. Moi je vis un jour, quelques heures et déjà j’ai tout compris, ce n’est pas compliqué. Ils essaient de tout éviter. Et ils se disent que ce n’est pas leur faute. Mensonge. La naïade n’y croit pas. Ils mentent. Ils se mentent. J’aimerais le faire comprendre. Injecter mes œufs dans leur conscience. Pour qu’ils réalisent peut-être…


Je suis un être éphémère. De courte durée. Je ne dure que peu de temps. Je m’en nourris.

HOMMAGE AUX COPAINS

Fidèle à mes samedis matin, ma tête qui a mal au cœur se réveille. Couchée sur un divan orange brûlé, la douillette blanche et verte sur mon corps, je réalise combien il y a des vies qui sont parfaites. Enfin jusqu’à temps qu’elles ne le deviennent plus. Je suis cette vie.


Je regarde autour de moi, en caressant le poil blanc de Jacques Vanille. Cette garde-robe, c’est mon deuxième antre. Les verres de la veille laissés vides après que nos bouches eurent goûtés tout ce qu’ils en contenaient. Les âmes soules enfermées derrière l’embrasure des portes fermées. De ces vies émanent en moi une réelle exultation. Dieu que je les aime ces copains.


Je bouge. M.Vanille n’a pas aimé. Il chigne. Comme souvent peuvent le faire ces garçons. Ils ne chignent jamais longtemps et généralement pour aucuns motifs.

Ils sont mes grands frères, d’autres moins grands.
Ils sont enfantins, beaucoup moins que moi.
Ils essaient de ne pas faire de gaffes, ne réussissent jamais.
Ils aiment se déguiser en tenu de gala pour écouter leurs téléséries.
Ils sont geeks à leur manière. Bien qu’un seul ne l’affirme réellement.


Ma chair essai peu à peu de retrouver ses sensations de la veille. Mais elle semble se résigner à rester étendue. Une porte s’ouvre. Une dépouille affaiblit en sort.  Il se dirige vers la lumière que mes yeux tentent d’éviter depuis qu’ils se sont ouverts. Il travaille. Le seul. Bien heureusement pour moi. Je resterai alors allongée sur le divan orange brûlé.

3 FILLES. 3 HEURES.

3 filles. 3 heures.
Un cadran pour se découvrir, se redécouvrir.

Pour une, la vie l’avait désillusionnée. La vie c’était l’amour. L’amour elle n’y croyait plus. Elle l’évitait, même s’il se présentait. Et il s’annonçait souvent. Il était plein d’elle, elle vide de lui. Elle espérait pouvoir abandonner son idéalisme, comme on abandonne une gomme sous un pupitre d’école ou un mégot de cigarette sur la chaussée. Elle courait en sens inverse du courant, elle courait pour oublier tous ceux qui la suivaient.

L’autre, elle, était debout affrontant tout ce qui se présentait. Une gifle, une énorme gifle, l’avait fait respirer ce nouvel air. Cette morsure dans la peau la poussait à redéfinir la jeune fillette qu’elle avait pu être, les larmes qu’elle avait coulées, les disputes qu’elle avait lancées, les tentions qu’elle avait créées. Elle présumait savoir tout changer.

L’engagement était pour l’autre, un mot bien trop engagent au départ. Elle s’y laissait succomber l’instant d’un moment sans trop se soucier où cela la menait. Souvent, trop souvent, c’était dans l’embarras. Les actes ne croyaient pas devoir s’expliquer, pardonner, s’excuser pour elle. Sa responsabilité, elle ne l’assumait pas. Elle semblait croire qu’on allait le faire pour elle.


3 filles. 3heures.
Un cadran pour découvrir, se redécouvrir. Ce soir elle choisira la première.


Obsession de renouveau

J’AI EMPRUNTÉ UN AUTRE CHEMIN, UN NOUVEAU PARCOURS


J’avais l’obsession, le goût de me laisser transporter par quelque chose de contraire à ce train souterrain. Je n’aimais plus ces odeurs étranges, ces bancs bleus royals, ces gens – trop de gens – qui me percutent sans cesse sans même s’excuser, ces vieilles dames à qui je dois céder mon siège et ce même si je suis exténuée, ces arrêts constants, ces portes ouvertes interminablement.

J’ai donc trahis à ma routine quotidienne, je ne le regrette pas. Vous me direz sans doute que l’autobus n’est guère mieux, que c’est pire. 

Je n’en crois pas un mot.

Aussitôt entrée, j’avais un sentiment de nostalgie. Je retrouvais mes 15 ans. Alors que je n’avais toujours pas de permis, bien peu d’amis et que mon seul bien être était de faire le parcours d’autobus plusieurs fois en écoutant et fixant les gens autour de moi. Je croyais, à cette époque, qu’ils avaient tous une vie plus remplie que la mienne. J’avais sans doute tort, ma naïveté me trahissait souvent.

Bref, j’y ai mis le pied, ma carte Opus à la main et déjà le chauffeur m’a souri béatement en analysant un nouveau visage qu’il n’avait jamais vu auparavant.

Je lui ai rendu.

Et je suis allée m’asseoir tout au fond, comme dans le temps. Mes écouteurs aux oreilles, je considérais aussi les visages inconnus. Les hommes aux cheveux bruns ont sans doute perçu mes yeux qui s’attardaient bien plus sur leur cas que celui de la grosse madame et ses fesses énormes qui prenaient – et je n’exagère pas – 2 bancs.

J’avais le goût à ce moment de zieuter un homme longtemps – trop longtemps peut-être- et de partir dans mes pensées.

DES PENSÉES QUI SOUVENT ME DÉCHIRENT, QUI M’ARRACHENT À MA RÉALITÉ.

Si seulement ils savaient, ceux dont je suis tombée amoureuse, si seulement ils pouvaient imaginer que ce simple regard pourrait se transformer en affection naissante, en caresses, et même en jouissance, ces hommes n’abaisseraient pas leurs yeux si vite lorsque le malaise de fixer l’autre fini par apparaître.

Un autre jour peut-être je finirai ce parcours… un jour…

Paresse automnale

C’est l’automne. Il fait froid et souvent on se met sur notre 31. On est célibataire et on sort, on fête. On espère rencontrer quelqu’un, du moins pour une soirée. Pour oublier quelques fois notre petite routine platonique à l’heure du couché.  Ou encore se trouver quelqu’un pour se coller avant même que le premier flocon ait tombé. Je n’ai pas envie d’aller danser, d’aller flirter devant un verre.

J’arrive donc à l’appartement. J’insère ma clé dans ma serrure. Il est souvent 19h00 ou plus tard. Je n’ai pas faim, mais je mange par obligation. Je monte les marches pour atteindre le 2ième étage. Allume l’unique lumière de ma médiocre chambre et j’enfile alors le coton ouaté le plus vaste et moelleux que je peux trouver et mon pyjama XXL beaucoup trop grand pour moi. Je redescends dans l’espoir de pouvoir zapper la télé en toute tranquillité mais en vain. Mes colocs sont là. Je l’ai oublis quelques fois. J’aurais aimé être seule. Pouvoir vaguer à mes occupations et écouter 3 fois la même émission sur le canal 900.


Je retourne à l’étage. Reçois 2 appels et 3 messages textes. Mes amis. Je les apprécies mais pas ce soir, ni la semaine passée, ni hier, peut-être demain.
J’ai envie de recevoir un signe de quelqu’un, je ne sais pas de qui. De ne pas faire d’efforts pour devoir me sentir apprécier pour une nuit. Je veux qu’il se présente par lui-même, qu’il me découvre devant mon écran avec ma tenue honteuse et ma platitude du moment. Je ne veux pas avoir le devoir de me forcer. C’est paresseux. Ça ne me tente plus.

Enfin jusqu’à demain…

Make a wish

Il était 11:11 ou encore 22:22 mon cellulaire sonna.
Ma sonnerie.
J’ai encore négligé de faire un vœu.
C’était intentionnel.

Trop occupée à taper sur le clavier de mon minuscule appareil pour avertir ma liste de contacts.

Petit geste futile et enfantin auquel nous avons pris goût bien malgré nous.

Par faute de n’avoir jamais pu dominer mes élans dans l’écriture de ses messages textes anodins, je vous dresse ici une brève liste de mes désirs tant souhaités :



  • Que mon ourson en peluche - en réalité, c’est un singe en peluche - se transforme sous mon emprise en séduisant maître d’hôtel (celui que j’ai zieuté copieusement il y a à peine quelques heures).
  • Devenir - et ce bien malgré moi - propriétaire d’un Iphone. De préférence blanc avec les applications qui me seront utiles, installées en ordre de priorités. (Je suis exigeante en matière de vœu).
  • Me voir adresser un bouquet venant du fleuriste Zen (aucun autre) et ce de façon tout à fait anonyme (le jeune homme inconnu derrière l’envoi de ce colis est naturellement charmant et à mon goût – mon souhait est parfaitement légitime)

Continuité du voeu numéro 3: Me voir offrir un biscuit
chinois avec, à l’intérieur, le nom du mystérieux
inconnu qui m’a envoyé les fleurs - on sait jamais,
peut-être que ce désir aussi
va se réaliser-.

  • Penser à autre chose que les hommes – au moins – durant le changement à 11:12 ou 22:23.
  • Vivre un noël blanc, mais que subséquemment à l’ouverture et le déballage de nos cadeaux– et je dis bien subséquemment à – la neige fonde et l’eau des piscines dégèle.
  • Ne plus avoir ce mal de gorge qui me prend à chaque matin depuis 3 jours. La grippe H1N1 ne me tente guère en cette période d’examens.